...
Je vogue. J’ai chaud. Quelques soubresauts, puis le calme plat. Je pressens la tempête. Le changement. Le plus jamais pareil. J’enfourche mon cheval, ami puissant, et je me prépare à l’assaut final. Je dois remporter la bataille.
Ça y est! Le dernier combat. À cheval sur la vague, projeté je me déverse à grand coup. Dégainant mon épée et tenant fermement mon bouclier, je traverse le temps. Le temps qui soudainement ne finit plus d’être le temps. Bien armée et prête à affronter, j’appréhende l’arrivée. L’effort est considérable mais je tiens bon, JAMAIS ils ne m’auront! Il n’en est pas question! Je vois au loin une armée de tentacules et des billes bleues et brunes scintillantes. Je résisterai.
Brandissant épée et bouclier je charge, dernière descente et je les abats un par un!
J’ai beau me battre corps et âme, les tentacules sont résistants. Je repousse l’ennemi, il revient à la charge. Je m’épuise. Et voilà! Les tentacules ont profités d’un moment d’inattention de ma part, ce sera une erreur fatale, ils me saisissent et tirent! Non! Je dois absolument résister, il en va de ma vie!
Je n’ai plus de force. Je vais mourir. Je le sens. Les tentacules auront le dessus et je serai emportée vers les billes brunes et bleues qui me brûleront de leurs désirs. Je le sais, mais je n’ai plus la force de résister. Voilà je meurs.
Je suis née bleu un soir de mai, arraché par les tentaculaires à mon royaume amyotique, projetée frigorifiée dans un monde aseptisé. Rose poupon, emmaillotée, ficelée, déposée dans un lit de verre, désarmée et sans bouclier, verte de colère, j’ai crié.
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Quel beau texte ! Puissant en plus ! Merci Kymot ;)
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